Château de Blandy les Tours vu du Ciel

Les vicomtes Guillaume II et Adam III de Melun, descendants directs d'Adam II, compagnon d'armes de Philippe Auguste à Bouvines, seraient les bâtisseurs de la première enceinte du manoir de Blandy, dès 1220.

Cette enceinte primitive, encore présente au nord, suit un tracé semi-circulaire doté de 4 tours : la tour carrée (tour-porte), une petite tour cylindrique, la tour de justice et une tour maîtresse carrée implantée dans l'axe de la tour-porte. Des logis sont implantés le long de l'enceinte, à l'est. Un fossé soulignait l'ensemble

Le comté de Melun appartient au domaine royal. Une telle place forte est donc l'expression du pouvoir royal, mais occupe aussi une position stratégique pour la surveillance d'une frontière partagée avec l'impétueux comte de Champagne.

À partir de 1316, les vicomtes de Melun s'allient aux comtes de Tancarville. De nouveaux aménagements puis plusieurs campagnes de construction font évoluer la vieille enceinte vers le château fort que nous connaissons aujourd'hui.

Une porte fortifiée, avec pont levis à flèches, vient renforcer l'enceinte du XIIIème siècle. Un corps de logis est construit dans la cour. Son mur arrière plonge dans le fossé initial, se substituant à l'ancienne courtine. D'autres travaux (milieu du XIVème siècle et 1371-1387) permettent l'extension de l'enceinte et le renforcement des défenses.

De nouvelles courtines et trois grosses tours sont édifiées au sud. L'ancienne courtine, au nord, est surélevée et renforcée. Le nouveau donjon, tour maîtresse du dispositif, possède une tour escalier (porte et herse en place) et une tour latrines. Le sixième niveau correspond au chemin de ronde, ceinturé d'un parapet sur mâchicoulis. La tour des gardes (avec chemin de ronde ceinturé d'un parapet) et la tour des archives (avec tour latrines) sont un peu moins hautes. Selon la volonté des comtes de Tancarville, Blandy est devenu un lieu de défense mais aussi de résidence au seuil de la guerre de Cent Ans.

Pendant deux siècles et demi après la guerre de Cent Ans, le château appartient aux plus illustres familles du royaume : ses propriétaires sont alliés aux familles d'Orléans-Longueville, de Bourbon-Soissons, de Savoie, de Nemours.

La résidence est aménagée au goût de l'époque : galerie, jeu de paume, aménagements de confort, décoration des logis, jardin d'agrément. Mais le tracé de l'enceinte n'évolue pas de façon significative.

Le XVIIIe siècle marque un tournant majeur dans l’histoire de Blandy cristallisé autour d’un personnage : le maréchal Claude-Louis-Hector de Villars (1652-1734). Ce dernier, élevé au rang de duc en 1705 et devant acquérir des terres pour légitimer l’accès à son nouveau rang, achète à l’héritier de la Duchesse de Nemours le comté de Melun et la seigneurie de Blandy.

Son nouveau titre est alors attaché aux terres de Vaux-le-Vicomte, dont il acquiert le château la même année. Dés 1707, le Maréchal transforme le château de Blandy en une simple ferme agricole. De nombreux bâtiments intérieures sont modifiés ou simplement détruits pour satisfaire à cette nouvelle fonction. Aussi, il fait retirer les toitures des tours du château, éventrer la porte d’entrée et combler le fossé.

L’édifice sera petit à petit abandonné et ses fortes détériorations vont le conduire dans un état de ruine avancée. Néanmoins, ce changement radical de fonction a permis de sauvegarder l’édifice pendant l’épisode révolutionnaire. À l’inverse de nombreux biens aristocratiques, le château n’est pas vendu comme bien national et démantelé tant sa silhouette et sa vocation sont dépourvus de tout signe de féodalité. .

Au milieu du XIXe siècle, les ruines du château suscitent l’intérêt des érudits locaux. En 1883, le comte Choiseul-Praslin accepte de vendre le château à la commune. Six ans plus tard, il est classé au titre des Monuments historiques. Mais le château atteint très rapidement un état de ruine critique. Ce n’est qu’en 1986 qu’un projet de restauration est élaboré. Son rachat au franc symbolique par le Conseil Départemental de Seine-et-Marne en 1992 va permettre sa concrétisation menée par Jacques Moulin, architecte en chef des Monuments historiques.